Historique

Tout d’abord, on parle des danses orientales car il y en a plusieurs, la plus connue et la plus noble étant la danse classique égyptienne.Il y a aussi les danses folkloriques de groupe, le tribal etc. C’est une danse en perpétuelle évolution.

Le berceau de ces diverses danses est le nord ouest de l’Inde et plus précisément, ces danses proviennent des gitans du Rajasthan, peuple  emprunt de liberté qui n’a cessé de se faire chasser de l’Inde du Nord à l’Andalousie.

Au gré de leurs voyages les peuples gitans se sont nourris des cultures des pays qu’ils ont traversé faisant ainsi évoluer leur façon de danser. C’est au Maghreb que les mouvements ronds des hanches ont pris toute leur ampleur. Le voyage s’est terminé en Andalousie en donnant naissance au Flamenco.

La danse orientale (el raqs el sharqi, en arabe) existe depuis des millénaires. C’est l’une des plus vieilles danses du monde.

Il est très difficile de dresser un historique de la danse orientale. D’ailleurs il existe peu d’ouvrages à ce sujet. En effet, elle est faite de rencontres et de mélanges de différentes cultures, provoqués par les migrations de populations.

C’est une danse très codifiée et sacrée, qui sert à mettre en mouvement des sentiments procurés par la musique. Caractérisée par des rotations et des ondulations plus ou moins lentes du bassin et des déhanchements, c’est une ode à la sensualité.

Nous pouvons dire qu’elle trouve ses racines au Rajasthan. Les femmes produisaient ces mouvements en hommage à Kali, déesse de la fertilité. La danse se transmet de mère en fille, ou de femme à femme, par mimétisme.

Puis, les gitans durent fuir le Rajasthan, gravement touché par la famine.

Depuis ce point de départ, la danse orientale serait arrivée en Egypte, puis serait passée par le Maroc, pour finir sa course en Andalousie. Du Rajasthan, elle garde les mouvements des mains, de l’Egypte elle puise ses ondulations du bassin, du Maroc ses mouvements d’épaules, et d’Andalousie ses jeux de jupes et ses claquements de talons.

On dit la danse orientale, mais, du fait de ses nombreuses racines, on devrait plutôt parler des danses orientales. En effet, les danses les plus connues sont le sharqi, le baladi et le saïdi, mais il en existe encore beaucoup d’autres ! Les danses berbères du Maroc, par exemple, ou encore les danses indiennes, les danses tsiganes égyptiennes, le flamenco d’Andalousie… sont autant de danses magnifiques et particulières à chaque pays, voire à chaque région.

La danse orientale est la plupart du temps destinée aux femmes, mais il en existe également pour les hommes. De grands danseurs ont d’ailleurs fait leurs preuves en s’illustrant dans différents types de danses orientales. C’est le cas de Mahmoud Reda (chorégraphe de danses orientales et nubiennes)

En Egypte, nous pouvons relever deux types de danseuses, les Almées et les Ghawazee. Ces femmes n’étaient pas des professionnelles, et dansaient par passion, pour leur simple plaisir.

Les Ghawazee, originaires de la tribu des Nawar (Inde), n’étaient pas bien vues par le peuple qui confondait leur art avec de la prostitution, à cause de leurs tenues, de leurs mouvements, et de leur plaisir à se donner en spectacle. Après leurs prestations, elles récoltaient les pièces qu’elles avaient gagnées et les accrochaient sur un foulard qu’elles nouaient à leur taille, par-dessus une longue jupe. Elles étaient également très maquillées, et avaient les cheveux tressés.

Quand les français, très puritains, envahirent l’Egypte, ils confondirent également  cet art avec  la prostitution, les mouvements des danseuses leur apparaissant comme une invitation au plaisir charnel.

Cette confusion entraina l’ouverture de maisons closes et 400 ghawazee furent décapitées sur l’ordre de Napoléon. Pour éviter de subir le même sort, les survivantes changèrent de nom et prirent celui d’Almées.

En 1834, le roi Mohammed Ali les bannit et il fut interdit de danser en public. Ce n’est qu’au XXème siècle que les danseuses orientales refont vraiment surface. L’Amérique et le cinéma hollywoodien s’intéressent de près à cet art singulier. La danse orientale ne fut jamais aussi populaire que dans les années 1930-1940, avec pour vedettes les célèbres Samia Gamal et Tahia Tarioca.

Qu’en est-il aujourd’hui ? La danse orientale n’est plus aussi populaire de nos jours et est la cible de beaucoup de préjugés, toujours les mêmes : danse du ventre, danse vulgaire, choquante…

Aujourd’hui il n’existe quasiment plus de danseuses orientales égyptiennes, à cause de cette mauvaise réputation qui colle à cet art. Mais cette image n’est qu’une représentation déformée de la danse originale, gracieuse, sensuelle et pleine d’émotions.